15.12.2006
Dobro dosli !
Je ferai d’une pierre deux coups : vous aurez l’occasion de découvrir à la fois une fête importante du folklore serbe et aussi des plats typiques de la cuisine « balkanique ». La slava s’est tenue pendant la période de carême ; le respect des traditions a donc voulu qu’aucune viande, hormis le poisson, n’a été servie. La coutume veut également que les hôtes ne prennent pas part au repas : ainsi le chef de famille (souvent le père) sert les invités mais ne s’assoit jamais. Très souvent, ce sont les « femmes » qui cuisinent, mère, filles, etc. Je vous ai bien dit qu’il s’agissait d’une fête très « traditionnelle ». La slava suit un rituel très particulier :
- En début de repas l’hôté sert le žito, une pate à base de blé, de noix, d’amande et de sucre. Il représente le corps du Christ et est accompagné d’un petit verre de vin rouge.
- La suite diffère selon les slavas, mais certains plats typiques se retrouvent d’une fête à l’autre : la riblja čorba, soupe de poisson à la tomate ; le sarma, feuille de choux farcie (délicieux !) ; le prebanac, haricots blancs aromatisés et gratinés au four.
- Pour le plat principal, ce fut du poisson grillé. En dessert, différents types de gâteaux sans œuf (viande interdite) et les fameux baklavas. Ce repas ne serait pas serbe sans un petit verre de rakia, l’alcool national : le plus célèbre est la sipovic, l’alcool de prune. Ces gens-là vous maintiennent que c’est du 19 degré maxi j’vous jure, mais on m’la fait pas à moi : ce truc est tellement fort qu’on doit pouvoir s’en servir pour nettoyer le moteur d’un avion.
Cette fête est l’occasion d’en découvrir un peu plus sur les familles serbes. L’hospitalité est de mise, et les hôtes mettent un point d’honneur à vous accueillir comme un membre de la famille. Bon, je me sens quand même obligé de vous balancer quelques saloperies, sinon cet article ne serait pas vraiment « dacrewien ». J’ai appris lors de cette slava que les serbes, parce qu’ils sont pieux et dévots et que la religion interdit les mariages entre cousins, ne souffrent pas de consanguinité, qui est un mal qui ronge les sociétés occidentales sans valeur. J’y ai appris aussi, symptôme supplémentaire de la décadence de notre civilisation, que les hommes s’embrassent sur la bouche chez Ardisson et que c’est pour cela que la population française mourra sous peu (trop d’homos, pas d’enfants). Et que si un jour un Serbe rate sa pâte à crêpes, c’est parce qu’il a utilisé du lait croate.
Bon, j’aimerais vraiment poursuivre ce chapitre langue de vipère mais ce serait mentir : la cuisine était excellente, les gens chaleureux et adorables et j’ai passé un excellent moment. Ils ont presque réussi à me faire croire que la famille, c’est important.
16:03 Publié dans Guide de survie - Serbie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Serbie, Cuisine, Folklore
27.10.2006
Comment tenir un référendum en Serbie
Elle arrive en effet à point nommé : le statut final du Kosovo doit être décidé dans les mois à venir, et pour beaucoup l’indépendance apparaît comme la solution la plus crédible car elle correspond simplement à l’état de fait, à savoir que 90% de la population au Kosovo, territoire pourtant serbe, est d’origine albanaise. Quoi de plus opportun alors que de mentionner dans le préambule de la constitution que le Kosovo est une partie intégrante du territoire serbe ? Une petite pique à la communauté internationale passe encore, mais que dire de l’interdiction pour les citoyens albanais du Kosovo de voter pour le référendum ? Aurait-on peur en Serbie que les Albanais s’abstiennent en masse et fassent échouer les plans du gouvernement pour garder un territoire sans sa population ?
Il faut croire que oui, car tenir un référendum sur deux jours, samedi et dimanche, c’est vraiment s’assurer que tout le monde vote. On sait jamais, samedi soir, la participation pourrait être trop faible, alors autant ouvrir les bureaux de vote dimanche afin d’être certain que la constitution passe, hein. D’ailleurs, on pourrait laisser la possibilité de voter jusqu’à Noël, par mesure de précaution ! Et pas d’inquiétude surtout, si vous voyiez des urnes se promener dans des voitures de police. Ce sont les « urnes volantes », qui permettent aux personnes handicapées de voter. Bon, je voudrais pas être mesquin, mais soit il y a beaucoup d’handicapés à Belgrade, soit le gouvernement veille attentivement à ce que chacun vote, quitte à chercher le citoyen lambda jusque chez lui, avec le bon bulletin et un stylo pour qu’il émarge la liste électorale !
Allez allez, tout le monde voit bien que j’exagère. J’en veux pour preuve que malgré toutes ces précautions, rien n’est encore gagné. J’ai sûrement du oublier de signaler que les Serbes ont pris plaisir par le passé à faire échouer les plans du gouvernement. Aaaah, l’humour yougoslave, c’est aussi ça les Balkans !
17:50 Publié dans Guide de survie - Serbie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
16.10.2006
Les transports en commun
Les transports publics à Belgrade sont en fait une tentative de l’Etat (presque) couronnée de succès de prouver que l’industrie mondiale de la sardine a beaucoup à apprendre sur le packaging efficace : peu importe d’où ça vient, c’est l’emballage qui compte. Belgrade, c’est un peu le triangle des Bermudes des bus, trolleybus et tramways européens. En l’espace de 10 minutes, votre œil aguerri saura déceler sous une couche de mauvaise peinture des tramways suisses de Basel, des bus français de Strasbourg et des trolleybus suédois qui font la publicité d’un supermarché à Lund. Laisser une affiche publicitaire en suédois, ce n’est pas du packaging efficace, mais j’ai bien dit que la tentative était presque réussie…
La plupart des étrangers (j’aurais pu dire touriste, mais comme il n’y en a pas, j’utilise « étranger ») abhorre les transports publics étouffants belgradois et préfèrent les taxis, plus sûrs (sic) et moins chers. Etonnement, Belgrade semble être la seule capitale d’Europe de l’est où les étrangers (bis) n’encourent pas un haut risque de se faire arnaquer sauvagement pas les chauffeurs de taxi, à condition d’éviter l’aéroport. Cependant, s’il vous prenait l’envie de relever le challenge, les tickets de transport coûtent 30 dinars, soit 40 centimes d’euro. Sachez également qu’il n’existe pas de plan du réseau, que les horaires sont plus qu’aléatoires et que trouver un arrêt de bus relève du jeu de piste. Il faudra espérer vous être bien fait comprendre du chauffeur, au risque d’échouer dans une banlieue sordide et de devoir finalement… prendre un taxi.
Sinon, Belgrade a également un métro, mais ce n’est pas souterrain. Il sert seulement à conduire les citadins en dehors de la ville vers un marché dont personne n’est jamais revenu. La seule station connue se nomme Vukov Spomenik (je n’ai pas osé aller plus loin) et les trains sont sensés partir toutes les 30 min. Dans la pratique, cela dépend de la disponibilité en électricité ou en passagers et de la présence d’un chauffeur et du plus important, de la locomotive elle-même.
Chris, au pays du yugurt.
12:05 Publié dans Guide de survie - Serbie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

