26.02.2007
On a testé pour vous (bis)
Tout a commencé à cause d’une bouteille de vodka : ça m’apprendra à acheter de l’alcool frelaté. On ne m’y reprendra plus. Je parle de la bouteille bon marché, pas de la vodka. La vodka je continue hein, faut pas déconner non plus.
Vodka part. 1 : la bénédiction
Au programme de samedi : pré-soirée chez Drusilla et ensuite direction Bataclan pour les Crazyvores. La soirée commence comme un samedi soir ordinaire : je mets plus d’une heure pour aller à Bastille et y trouver une place. Je suis à deux doigts de manger mon volant lorsqu’une vraie place se libère juste devant moi, boulevard Richard Lenoir. Je crie presque au miracle, sans savoir que quelques heures plus tard je maudirai Bastille.
J’arrive chez Druz’ : Mo, sa copine M., A. et bien sûr notre hôte sont là. On discute, on discute. Bon, ce n’est pas le tout mais il est grand temps d’attaquer la vodka. Les vannes fusent sur la bouteille, qui par ailleurs dégage une odeur d’alcool de pomme de terre distillé dans un garage. Premier avertissement, que je choisis d’ignorer. Le Dude arrive avec sa copine A. et Mercredi ne tarde pas à nous rejoindre. On discute, on boit, on discute, on boit. Alors que Le Dude et moi-même en sommes au 3e verre, Druz’ nous sort de derrière son canapé une bouteille de Smirnoff à moitié pleine qui était enfouie là, sous un tas de… de quoi d’ailleurs ? Bon, sous un tas de trucs. Merci Druzilla, je me mets la tête au kérosène depuis une heure et c’est maintenant que tu t’en souviens. Je commence vraiment à dire de la merde (2e avertissement), je fais chier Mercredi pour qu’il vienne, je fais chier Druzilla pour qu’elle vienne. Le Dude finit par la faire céder : impossible de résister à la gouaille imbibée du Dude.
Nous nous mettons donc en route, Le Dude, sa copine A., Druzilla, Mercredi et moi-même. Dans la voiture, je lèche l’oreille de Mercredi : 3e avertissement, je suis cuit. Décidemment cette vodka me monte à la tête (et me brûle l’estomac). A la vue de la fille d’attente devant le Bataclan Druzilla se terre dans la voiture et nous lâche honteusement. Dans la file d’attente c’est au tour du Dude et de sa copine A. de se débiner, mais avec dignité, contrairement à Druz’ la perfide. Avec ce que j’ai dans le sang je me sens tout à fait prêt à affronter la pluie et l’attente. Et puis j’ai envie de serrer bordel. Je calcule rien de ce qui se passe autour jusqu’au moment où je retrouve Gyom à l’intérieur. Je ne marche pas, je glisse. Mon cerveau flotte, j’ai soif. Gyom se fraie un chemin à la machette jusqu’au bar : vodka. Après ça tout n’est que danse endiablée jusqu’à 5h30 avec très probablement une nouvelle pause vodka entre temps. Je me dis que j’adore la vodka.
Vodka part. 2 : la malédiction
Une fois dehors je réalise que deux heures et demi de dancefloor n’ont aidé que très moyennement à faire baisser mon taux d’alcoolémie. J’accuse Mercredi qui m’avait soutenu le contraire. Bon maintenant il faut trouver ma caisse : c’est simple, je suis garé Bd Richard Lenoir. Sauf que. Je titube jusqu’à Bastille sans trouver ma voiture. Je remonte la rue jusqu’au Bd Voltaire, je la redescends dans un sens puis dans l’autre : rien. J’appelle Le Dude, je l’accuse. Je lui envoie un texto, je l’accuse à nouveau. S’il avait été là, je ne serais pas en train d’errer à 6 heures du mat’ dans Bastille quartier maudit à la recherche de ma voiture. J’appelle Mercredi j’ai besoin qu’on me rassure et pas de réponse bien entendu. Finalement je la trouve. Je ne suis définitivement pas en état de conduire alors je cherche une solution : j’appelle Scam qui répond alors bien évidemment je suis tout surpris (je pensais laisser un message sur son répondeur et l’accuser lui aussi). Il me conseille de dormir dans ma voiture. J’appelle A. qui répond et que je réveille. Il me conseille de dormir chez untel. Je raccroche et l’accuse dans ma barbe de me proposer des solutions moisies. J’appelle l’Espagne, la Serbie et la Bosnie.
Je sors de la voiture et me décide à marcher pour évacuer. Je me lance vers Chatelet dans le secret espoir de trouver un bar gay encore ouvert et sur le chemin, je m’arrête devant une plaque de rue que j’embrasse et sur laquelle je prête serment de « serrer bientôt ». Un peu plus loin, je croise une jeune femme qui me demande si j’ai du feu. Je lui réponds que non, je case le mot désolé au moins 5 fois en deux phrases et lui promet de l’aider à en trouver. Je lui dis que je connais un bar pas très loin ouvert toute la nuit, ce qu’elle doit prendre pour une invitation. Ignorant ses protestations, je la prends par le bras et marche d’un pas décidé : elle me fait des yeux effrayés. A un moment je me dis qu’elle va crier au viol et heureusement pour moi le bar est juste à côté : elle me remercie du bout des lèvres et part limite en courant. Bon, il est presque 7 heure, il est temps pour moi de rentrer avant de me faire coffrer.
Il est presque 8 heure j’arrive chez moi complètement faisandé. Je me couche et j’ai chaud. Je me réveille une heure plus tard et je transpire. J’entends ma mère dans la salle de bain. A vrai dire j’entends même le bruit de ma propre rate. Je me bats avec mon lit qui tente de m’aspirer, le fourbe. Je suis en nage et j’ai le bide en feu. J’ai l’impression d’avoir un trou dans l’estomac. Je me dis que je déteste la vodka.
Mayweed
12:20 Publié dans Mayweed | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : Alcool frelaté, Vodka, Crazyvores
16.01.2007
Dans la salle d'attente
Passer un test de dépistage, c’est toujours un grand moment de solitude et le plus terrible, c’est qu’on a presque toujours la trouille. Même lorsque l’on n’a à priori rien à se reprocher. J’en ai fait l’expérience il y a quelques jours. Une fois la porte du laboratoire franchie et le test effectué, un espèce de compte à rebours s’est enclenché dans ma tête et il me fut alors impossible de ne pas y penser. L’angoisse vint par vagues, aux moments les plus impromptus et inopportuns (dans mon lit le soir, quand l’esprit est bien libre de s’imaginer les pires horreurs). Là, les questions fusaient : ai-je été irréprochable ? Les préservatifs sont-ils fiables à 100% ? Puis-je avoir confiance dans mon partenaire ?
Or c’est une évidence, le risque zéro n’existe pas. Si, peut-être, si l’on est un ayatollah du sexe sans risque. Parce que moi sucer avec capote j’y arrive toujours pas ; après, j’assume plus ou moins bien et je ne fais certainement pas partie de ces mecs qui soutiennent mordicus que la fellation ne présente aucun danger. Alors dans le trajet en bus jusqu’au laboratoire, je me fustigeais, m’insultais, me répétait que je n’étais qu’un idiot et qu’il aurait mieux fallu sucer un bout de plastique plutôt que d’endurer cette torture mentale. Ma paranoïa attint son paroxysme dans la salle d’attente : envie urgente de fuir et de ne pas connaître le résultat. Je tremblais à l’idée d’ouvrir l’enveloppe ; vous imaginez le soulagement à la lecture du seul mot « négatif ». Pourtant, alors qu’en temps normal j’aurais pété la joie pour le restant de la semaine, de noires pensées sont venues obscurcir ma journée. Et si…
…Et si j’avais trouvé le mot positif en ouvrant l’enveloppe ? Je fais partie de cette génération qui s’est vue bourrer le crâne par une propagande de peur généralisée du SIDA. J’en viens à croire que si j’avais trouvé le mot positif en ouvrant l’enveloppe, ma première pensée n’aurait pas été « on peut bien vivre sa séropositivité ». J’aurais sûrement eu tord. Mais malgré tous mes efforts, je n’arrive toujours pas à envisager d’être atteint d’une maladie dont je ne saurai guérir. Je l’aurais vécu comme une honte, je n’en aurais parlé à aucun des mes amis, à aucun membre de ma famille. Je mérite la prison pour écrire des choses pareilles mais j’énonce ma vérité : pour moi, le SIDA est tabou. Pas la contraception, mais la maladie. J’en ris parfois ; j’ignore ma réaction si un jour un mec ou une meuf qui me plait m’annonce « je suis séropo ».
Je ne veux pas me la jouer couplet act’up sur la capote, tout simplement parce que des erreurs, j’en commets aussi. Libre à vous de vous protéger, ou pas. Moi j’ai choisi mon camp. Je ne cherche pas à susciter une nouvelle vague de paranoïa non plus. J’essaie simplement de comprendre comment le plaisir charnel a pu se transformer en un pareil champ de mines. Et je m’en veux aussi d’attendre un test de dépistage pour me rappeler que le SIDA est un problème de société important et qu’à quelques mois des élections, il faut en parler. Les mentalités doivent changer, à commencer par la mienne.
Mayweed.
18:00 Publié dans Mayweed | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : séropositivité, SIDA
01.01.2007
Mes résolutions à moi (ter)
Il serait dommage de rompre un si bel élan. Après Drusilla et Cousin, voici donc mon bilan 2006 et mes résolutions pour 2007. En ce qui concerne 2006, l'année a été pour moi plutôt mitigée :
- J'ai enfin terminé mes études (enfin pour l'instant)
- J'ai découvert (merci Cousin) le mal qui me ronge ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Procrastination)
- J'ai quitté Bordeaux et découvert une belle région, les Balkans
- J'ai appris les rudiments d'une langue barbare, le Serbe
- J'ai découvert le groupe Interpol, et dieu qu'c'est bon !
MAIS
- Je procrastine presque toujours autant
- Bilan affectif : 3 mois de relation, 4 mois de SAV pour psycho en détresse (et c'est loin d'être terminé).
- Je ne sais toujours pas cuisiner les lasagnes
- Je me suis découvert une nouvelle passion : le football (on entre dans le lourdement négatif)
- J'ai réussi le quasi exploit d'être à la fois presque maigre et presque mou
En 2007, il me faut donc reprendre fermement la barre. Ca tombe plutôt bien, ou plutôt mal c'est selon : mon diplôme en poche, je suis désormais libre de faire ce que je veux. Comprendre ici que je quitte mon petit confort de vie d'étudiant. Grisant ET angoissant.
Alors autant se fixer quelques objectifs, afin d'appréhender 2007 pas à pas :
- Trouver un boulot, si possible à l'étranger
- Enfin lire La montagne magique de Thomas Mann (ce bouquin me fait peur)
- Enfin sortir avec quelqu'un de beau, juste pour savoir ce que ça fait d'être attiré par quelqu'un
- Me faire tatouer en Finlande avec Mercredi
- Passer mon permis moto à New York
- Apprendre à cuisiner les lasagnes (et la moussaka)
- Apprendre à faire la sieste sur la plage à l'ombre d'un parasol
La liste est non-exhaustive, mais ça me donne déjà quelques points de repères pour l'année 2007. Pour la plupart, ce sont des objectifs simples et donc réalisables (sauf pour la résolution "sortir avec une bombe", hein). Comme ça je suis sûr qu'en décembre 2007 j'aurai le sentiment d'une année bien remplie !
15:27 Publié dans Mayweed | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Résolutions 2007

